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Histoire et patrimoine : le spectacle d’une ville

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Ces paysages urbains remarquables s’enflamment au crépuscule et mettent sous le feu des projecteurs un patrimoine bâti et paysager unique en son genre dans l’Est-du-Québec. Blogue
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Histoire et patrimoine : le spectacle d’une ville

Histoire et patrimoine : le spectacle d’une ville

Amphithéâtre naturel avec ses gradins et ses terrasses, la ville offre des panoramas exceptionnels sur le fleuve et les montagnes de la rive nord. Ces paysages urbains remarquables s’enflamment au crépuscule et mettent sous le feu des projecteurs un patrimoine bâti et paysager unique en son genre dans l’Est-du-Québec. Le cœur de la ville témoigne de son histoire fascinante qui prend racine avec la force des eaux de sa rivière et de ses chutes. Sa rue principale suit le parcours sinueux de la rivière et devient l’artère névralgique, celle où l’on déambule, où l’on flâne et qu’on redécouvre à chaque passage.

La rue Lafontaine
La rue Lafontaine est née au fil des ans du besoin de relier l’activité du faubourg au « bas de la côte » au développement du secteur en haut de la grande chute. Dans les années 1820, l’ouverture d’un moulin à scie en haut des grandes chutes ouvre la voie d’un essor économique sans précédent pour le petit hameau de l’époque.

Visionnaire, le seigneur Alexandre Fraser (1763-1837) canalise les forces sur son domaine seigneurial en traçant une voie privée qui deviendra publique quelques années plus tard. Des centaines de journaliers l’empruntent pour se rendre au chantier. Le chemin du moulin ou le chemin du Sault est l’ancêtre de la rue Lafontaine. Le tracé de l’époque traverse le domaine seigneurial, contourne la rivière et longe les limites des lots voisins de la Petite Ferme. Suite à l’incorporation du village de Fraserville, en 1850, le nom de la «rue Lafontaine» est officialisé pour la première fois.

Clin d’œil historique : le toponyme rappelle la présence des cinq fontaines situées sur son parcours, des rues Saint-Joseph au chemin Fraserville, fournissant l’eau du village à l’époque. Pendant les décennies suivantes, elle porte plusieurs surnoms faisant référence tantôt au chemin du Lac parce qu’elle mène au nouveau chemin du Témiscouata ou chemin de la Station puisqu’elle mène à la nouvelle gare du Grand-Tronc en 1860.

D’année en année, le lotissement progresse des deux côtés de ce chemin privé au gré de l’arrivée des manœuvres du chantier du moulin et de leur famille, des artisans et des commerçants qui veulent tous avoir pignon sur rue et profiter de son achalandage. Les activités économiques reliées au chemin de fer de l’Intercolonial et plus tard du Témiscouata propulsent bientôt le village au rang de ville et sa rue principale devient son cœur névralgique.

Le boom ferroviaire
L’arrivée de chemin de fer de l’Intercolonial en 1876 accélère le développement de la ville qui connaît une période d’essor sans précédent dans son histoire. La nouvelle gare de l’Intercolonial dessert les voyageurs qui peuvent désormais se rendre de Montréal jusqu’à Halifax. Fraserville devient la plaque tournante du réseau ferroviaire dans l’Est-du-Québec. Des travailleurs affluent de partout pour venir travailler aux installations ferroviaires; ateliers de réparation, réception et envoi de marchandises, livraison de charbon et services aux voyageurs nécessitent des équipes de travail spécialisé. Avec l’arrivée des immigrants anglophones et des travailleurs des environs, le lotissement de part et d’autre de la gare progresse rapidement. Les nouvelles rues tracées des deux côtés de la rivière donneront bientôt naissance à deux nouveaux quartiers. La population de Fraserville double pratiquement de 1881 à 1891, passant de 2 291 à 4175 habitants en dix ans. La rue Lafontaine devient l’axe commercial par excellence reliant la gare au secteur maritime à l’embouchure de la rivière du Loup.


Secteur de la gare de l’Intercolonial en 1883 vue de la paroisse Saint-Ludger aujourd’hui. Archives de la société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup.
Secteur de la gare de l’Intercolonial en 1883 vue de la paroisse Saint-Ludger aujourd’hui. Archives de la société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup.


Une architecture remarquable
Héritage de son parcours historique, le patrimoine bâti de rue Lafontaine témoigne des modes architecturales en vogue au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle. De la toiture à deux versants recourbés, aux élégantes tourelles d’inspiration victorienne jusqu’aux façades postiches d’influence Boom Town, cette mixité architecturale est unique dans la ville. Caractéristique pour son cadre ancien et son parcours sinueux et accidenté, la voie publique est le cœur de la ville et occupe une place prépondérante dans la vie de ses citoyens. Dimension humaine, diversité et qualité architecturale expliquent à eux seuls la beauté de ce paysage urbain.


Vue Nord de la rue Lafontaine vers 1920. Archives de la Ville de Rivière-du-Loup.
Vue Nord de la rue Lafontaine vers 1920. Archives de la Ville de Rivière-du-Loup.

Un lieu d’expression publique
La voie publique, c’est le droit de circuler, le droit de passage et le droit de s’exprimer librement. Pour le citoyen, c’est celle où on flâne et où l’on prend le pouls de sa ville au rythme des saisons. La rue est un lieu vivant, un lieu en mouvement qui devient un lieu d’expression lorsque vient le temps de manifester ses passions. Lieu de parade et de défilés traditionnels ou nouveaux genres, la rue Lafontaine prend des airs de fête de la parade du petit Jean-Baptiste à la Saint-Jean jusqu’à la Magie de Noël en passant par les spectacles de blues ou de musique rock et les notes du piano public.

Parade de la Saint-Jean-Baptiste vers 1930. Archives de la Ville de Rivière-du-Loup
Parade de la Saint-Jean-Baptiste vers 1930. Archives de la Ville de Rivière-du-Loup
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À propos de l'auteure
Julie Martin, Gestionnaire aux programmes culturels et patrimoniaux

Julie Martin
Gestionnaire aux programmes culturels et patrimoniaux
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