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Nostalgie de Lafontaine

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Nostalgie de Lafontaine

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Calme onde d’éveil. La Lafontaine se maquille pour entamer sa journée. Elle se farde d’énergie et essuie les poussières d’une nuit endiablée à peine éteinte. J’ai 22 ans, au milieu des années 90. J’ai la vie devant moi, la tête remplie de projets et le cœur à la fête. Tout est possible, puisque je marche le long de cette magnifique rue qui, quelques années plus tôt, me semblait si mystérieuse. Tout est possible, puisqu’en ce dimanche matin ensoleillé, à l’heure où les gens ne s’éveillent pas encore, je m’en vais travailler.

J’amorce ma nouvelle carrière dans le domaine des communications. Devant la console beige, j’accompagne Louperivois et autres populations bas-laurentiennes dans leur gestion du congé dominical. Dans quelques minutes, je franchirai la porte des studios de CJFP, mais là, je profite de cet instant intemporel pour observer cette rue qui, hier, était grouillante d’ivresse, d’amours naissantes et d’infidèles aventures. Elle fut témoin aussi de malheureuses déconfitures d’histoires achevées. Ainsi va la vie, la nuit!

Mais ce matin, on sent la brume de ces événements hanter les lieux. Je vois un jeune homme balayer le plancher du Ti-Coq où plusieurs ont terminé la fiesta pour se repaître de la meilleure poutine en ville. J’entends encore Normand ou Denis qui se promène, micro à la main, encourageant les élans festifs tout en scandant le slogan hot de l’heure « Chez Kojak, la mégabox », le rythme des slows de fin de soirée, du « last call/dernier service » du Jet ou, un peu à l’écart, du Vol de Nuit où se tiennent les plus marginaux. Toutes ces boîtes se partageaient, sans souci, les fêtards du samedi. Parce qu’en 1997, les discothèques du centre-ville vivaient leurs dernières années de grande popularité. Pour danser, on ne s’inscrivait pas à la Zumba... On allait veiller!

La Brasserie Lafontaine résonnait au son de la batterie électronique d’Edgar et l’Estaminet était le seul pub en ville à proposer de la Heineken et quelques autres bières importées. À cette époque, les produits Molson et Labatt régnaient en rois sur les tablettes et LA microbrasserie connue s’appelait Unibroue (fondée en 1992). Le 400 Limites, de son côté, pouvait se vanter d’offrir les plus longues flûtes de bières... Une « Mama » pour amorcer le party, vous vous rappelez?

Je marche, l’esprit bien éveillé, mais je lèche les vitrines, en silence et au sens figuré. Les chaussures du Pied Mignon au coin Frontenac, la petite galerie conjointe de La Mandoline où j’ai passé des heures à scruter les vinyles usagés et chez Turelis où je me suis déjà fait servir par Nicolas Dickner (bien avant la sortie de son roman Nikolski), le Picolo Piazza où travaillait le sosie d’Anthony Kavanagh, la crèmerie située à côté du Marché aux Fleurs, la quincaillerie voisine du Jean Coutu, la pâtisserie Le Marquis (les origines de Bis la Boulange), juste en face... C’était l’époque aussi où les Allées du Centre-Ville abritaient, en plus de l’Estaminet, quelques boutiques de vêtements, un resto (Le Déli-brochettes) et même, un kiosque à beignets (Donut Donut). Le Château Grandville opérait un hôtel, une salle à dîner et, un peu plus tard, un pub (Le Saint-Émile).

Me suivez-vous dans ces souvenirs un peu diffus? Reconnaissez-vous cette Lafontaine qui s’est transformée au fil des années. Elle m’inspire plusieurs élans nostalgiques parce que je la vois grandir depuis plus de 20 ans. Toujours aussi vivante, elle continue de s’animer en soirée et de s’éveiller un peu embrumée chaque dimanche matin.

Je l’ai parcourue en été comme en hiver, oisive ou pressée, au pas de course ou à la marche. J’ai essayé de me faufiler entre des camions de livraison et de me stationner en parallèle pour de nombreuses premières fois. Mais chaque journée où je devais me rendre jusqu’au boulot pour faire vibrer les ondes radiophoniques, je faisais le trajet de Fraserville à Hôtel-de-Ville en traversant un nuage où se créait l’histoire de ma Lafontaine. Son passé m’a fasciné. Son présent m’inspire. N’est-ce pas la plus épatante des merveilles de Rivière-du-Loup?

Repères actuels des lieux mentionnés :
Ti-Coq : 405, Lafontaine
Jet : Le Triangle
Kojak : La Petite Grenouille
Vol de Nuit : bâtiment derrière La Petite Grenouille
400 Limites : Studio Maya
Pied Mignon : Terroir d’ici et d’ailleurs
Mandoline/Turelis : L’Intercolonial
Picolo Piazza : Café Van Houtte
La crèmerie : Au Pain Gamin
Marché aux Fleurs : Salon de coiffure Alizée
Quincaillerie : Achetons-vendons Rivière-du-Loup
Allées du Centre-Ville : L’Estaminet

Josée Marquis, auteure
Josée Marquis, auteure

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