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Michel-André Malenfant : De retour à la poutine

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Une casquette sur la tête, un sac d’ado au dos. Derrière la caisse du casse-croûte Mini-Putt, Michel-André Malenfant ressemble à un de ces vaillants employés d’été, qui enfilent le tablier pour payer leur prochaine session d’université.Blogue
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Michel-André Malenfant : De retour à la poutine

Michel-André Malenfant : De retour à la poutine

Une casquette sur la tête, un sac d’ado au dos. Derrière la caisse du casse-croûte Mini-Putt, Michel-André Malenfant ressemble à un de ces vaillants employés d’été, qui enfilent le tablier pour payer leur prochaine session d’université.

Gare à la première impression ! Le jeune homme qui prend votre commande de guédilles est aussi propriétaire du restaurant depuis le début avril.

En janvier dernier, Michel-André Malenfant a quitté son emploi de coordonnateur des ventes chez Berger pour prendre la relève de ses parents dans la croustillante institution de la rue Fraser. Remplacer la tourbe pour la viande hachée dans son menu quotidien ne lui faisait pas peur. Il est quasiment né dans l’huile à patates.

Originaire de l’Abitibi, Michel-André Malenfant est arrivé à Rivière-du-Loup avec sa famille à l’âge de 11 ans. Pendant vingt ans, ses parents ont fait rouler le Snack-Bar D’Amours sur l’or et le charbon, en plus d’acheter leur rival de la frite en haut de la côte, en 2014.

Ses premières jobines, le blondinet aux yeux bleus les a donc occupées dans la chaleur collante de la cantine. Aujourd’hui, il n’y a personne qui va lui montrer comment faire une poutine !

« Je sais comment ça marche. Ici, je touche donc à tout : je prends les commandes, je manipule la friteuse, je lave la vaisselle et je gère le personnel. Je fais ce qu’il y a à faire. Je n’ai pas peur de me graisser les mains », affirme l’entrepreneur de 31 ans.

Ce détenteur d’un baccalauréat en administration marketing savait depuis belle lurette qu’il gagnerait un jour son pain avec sa propre compagnie. Il ne savait seulement pas que ce serait en grillant des pains à hot-dog.

« J’ai grandi dans une famille d’entrepreneurs. J’ai vu ce que ça rapporte. Travailler dans son commerce, c’est comme habiter dans sa maison au lieu de vivre en appartement. Le casse-croûte n’est que le début de mon entreprise, et je n’entends pas me limiter qu’à la restauration. »

Bon... pour la santé mentale!
Même si son tour de taille garde bien son secret, Michel-André Malenfant est très gourmand. Il pourrait engloutir des burgers tous les midis s’il n’écoutait que son ventre. Son plat préféré sur le menu ? « La poutine de luxe, avec bien de la viande ! »

Pour brûler les excès et ménager sa tension artérielle, il s’astreint à d’intenses séances de CrossFit. « La bouffe de cantine n’est peut-être pas bonne pour la santé physique, mais elle est bonne pour la santé mentale ! C’est aussi important, non ? lance-t-il en rigolant. En réalité, l’important est l’équilibre. Je ne conseille à personne de venir manger ici tous les jours. Pour ma part, j’essaie de remplacer le plus souvent possible mes frites par de la salade. »

À une époque où les gens sont bien informés sur les dangers d’une mauvaise alimentation et comptabilisent leurs calories journalières sur leur cellulaire, on pourrait penser que les cantines amorcent une lente mais inexorable glissade. Malgré l’apparition de tables végétariennes et gastronomiques, le Mini-Putt assiste, au contraire, à une augmentation constante de ses ventes. Pas question, donc, de planifier un virage santé.

« Même si on propose une salade, personne ne va la manger. Les gens viennent ici pour se gâter. Ce n’est pas vrai qu’ils vont opter pour un wrap quand ils voient 18 sortes de poutine dans le menu ! »
Le restaurateur s’engage toutefois à cuisiner avec des aliments frais, à offrir une sauce à spaghetti maison et à acheter toutes ses boulettes de viande à son voisin d’en face, la Boucherie Bégin.

Et le minigolf, dans tout ça ?
S’il ne compte pas rénover la carte, Michel-André Malenfant aimerait, en revanche, améliorer la terrasse du restaurant pour mieux exploiter la vue qu’elle offre sur le fleuve. Sans vouloir raser le circuit de golf miniature, qui attire toujours les familles en vacances, il songe à revoir sa configuration.

« Le minigolf ne représente qu’une portion infime de mon chiffre d’affaires, mais il n’est pas question que je l’enlève. Il n’y a pas un million d’activités pour les familles à Rivière-du-Loup. J’en réduirais peut-être la superficie, afin d’ajouter une section de divertissement pour adultes. Pour l’instant, j’ai des idées, mais rien n’est concret. Je me concentre à honorer la qualité que mes parents ont ramenée au casse-croûte. »

Une chose est sûre : le restaurateur ne vendra pas de crème molle. Il a conclu une entente tacite avec sa sœur Mylène et son beau-frère Stéphane, qui ont racheté le Snack-Bar D’Amours à ses parents maintenant retraités. Il n’ouvrira pas de comptoir glacé et ils ne creuseront pas 18 trous dans leur cour arrière.

On appelle ça de la saine compétition. Avec un tout petit peu de matières grasses...

Casse-croûte le Mini-Putt, rue Fraser
Casse-croûte le Mini-Putt, rue Fraser
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Laura Martin

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