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Jackie Dubé : au-delà de la première impression

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Mais derrière l’image de la femme entreprenante qui fait rouler des machines avec succès, il y a l’histoire d’une petite fille de Saint-Honoré-de-Témiscouata qui a grandi dans un foyer dysfonctionnel, qui a déménagé plus de 13 fois en dix ans et qui a traversé une période orageuse, la menant à abandonner tôt ses études.Blogue
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Jackie Dubé : au-delà de la première impression

Jackie Dubé : au-delà de la première impression

Elle y dort. Elle y travaille. Elle y mange. Elle y sort.

Son centre-ville, Jackie Dubé le connaît de tout son long. Si son visage vous dit quelque chose, c’est probablement parce que vous l’avez déjà vue attablée dans un restaurant, accoudée à un bar ou en file à la caisse d’un commerce.

Cette fille a bossé comme coiffeuse au salon Tête d’affiche et comme serveuse à L’Estaminet, avant de se retrouver les doigts sur les boutons de l’Imprimerie L’Impression, il y a vingt ans.

Mais derrière l’image de la femme entreprenante qui fait rouler des machines avec succès, il y a l’histoire d’une petite fille de Saint-Honoré-de-Témiscouata qui a grandi dans un foyer dysfonctionnel, qui a déménagé plus de 13 fois en dix ans et qui a traversé une période orageuse, la menant à abandonner tôt ses études.

« Le directeur m’a expulsée de l’école secondaire en me criant que je ne ferais jamais rien de bon dans la vie. Je suis contente aujourd’hui du chemin accompli », affirme l’adjointe administrative, estimatrice, conseillère technique et prochaine propriétaire de l’enseigne.

L’amour au travail
Plutôt habituée aux croches, Jackie Dubé n’a pas emprunté le droit chemin toute seule. Un homme l’a mise dessus. Elle n’était pas bien vieille quand, dans une nuit mouvementée parmi d’autres, elle a rencontré Michel Roussel, son aîné de quelques années. Elle vit toujours un bonheur tranquille avec lui, à 42 ans.

Le propriétaire et fondateur de l’imprimerie a encouragé la jeune décrocheuse à se trouver un boulot. C’est ensuite lui qui a effectué les démarches pour qu’elle s’inscrive à un cours de coiffure.

« Abandonnée à moi-même, je ne m’en allais nulle part. Il m’a tendu la main et m’a guidée. Je lui en dois beaucoup. Des gens ont un guide spirituel. Moi, je crois que mon homme a été placé sur ma route pour me faire découvrir le meilleur de moi-même », estime la quarantenaire au teint basané, ses grands yeux noirs humides de reconnaissance.

Le couple a commencé à travailler main dans la main il y a 21 ans, le jour où l’entrepreneur a proposé à sa protégée de gérer son nouveau centre de photocopies. Depuis, les amoureux, qui sont devenus parents il y a douze ans, se côtoient 24 heures par jour. Ils déjeunent au restaurant tous les matins, s’assoient sur les mêmes terrasses le soir venu. « On ne se tape jamais sur les nerfs. Ou presque », dit celle qui reconnaît toutefois être « exigeante et stressante », en période de tombée. « Mais quand le tourbillon est fini, je sors vite la bouteille de vin ! »

Même si elle ne ressasse jamais son passé et refuse de se poser en victime, elle admet que son enfance raboteuse l’a rendue plus empathique à l’égard des autres, dont les six employés de sa boîte. Son énergie solaire attire aussi les confidences des clients, qui lui livrent leurs secrets pendant qu’elle traite leurs commandes. « On est dans une imprimerie, mais on se croirait chez la coiffeuse ! Mon chum trouve parfois que je parle trop. Pour moi, c’est ce qui tisse le lien de fidélité ! »

Prête pour la relève
La bouillante femme, qui confirme que la maternité l’a assagie, se prépare tranquillement à prendre la relève aux commandes de L’Impression. Son conjoint songe à ralentir la cadence au cours des prochaines années. Déjà, elle ajoute sa couleur au commerce : 150 000 $ ont été investis cette année dans de nouveaux équipements pour offrir l’impression en grand format et sur du textile.

Jackie Dubé
Jackie Dubé

« Je n’ai peut-être reçu aucune formation, mais après vingt ans d’expérience, je peux dire que je connais maintenant tout du domaine de l’Imprimerie. Mon cerveau opère de façon très mécanique. Je dois savoir comment tout fonctionne. Je suis bonne pour trouver des solutions pour faciliter la production. »

Jackie Dubé ne mâche pas ses mots. Pour les écrire, toutefois, c’est une autre paire de manches. Quand elle a mis les pieds dans l’imprimerie, une entreprise dont la matière première est composée des 26 lettres de l’alphabet, son manque de scolarité l’a vite rattrapée. « J’avais un gros handicap. J’ai travaillé fort pour m’améliorer, j’ai ressorti les livres. L’entrée de mon fils à l’école me donne une nouvelle chance d’apprendre les règles. Ça me gêne encore de laisser des fautes, mais je n’ai pas de complexes. Je sais d’où je suis partie pour me rendre ici. »

Chaque personne a ses secrets, derrière la première impression.

Ceux de Jackie Dubé sont éparpillés au centre-ville. Là où elle imprime lentement sa marque, en quatre couleurs process.

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Laura Martin

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